Septembre est un moment particulier pour une petite entreprise. Les clients sont rentrés, les décisions d'achat repartent, et il reste un peu plus de trois mois avant les fêtes — donc le temps de corriger ce qui ne marche pas, mais pas celui de lancer un grand chantier. Cette check-list tient en une demi-journée. Elle ne demande aucune compétence technique : juste un téléphone, un ordinateur et un peu d'honnêteté sur l'état réel de votre présence en ligne.
1. Regardez ce que Google raconte sur vous (20 minutes)
Ouvrez une fenêtre de navigation privée et tapez le nom de votre entreprise, puis votre métier suivi de votre commune : « plombier Bourg-en-Bresse », « comptable Vannes ». C'est exactement ce que fait un client. Ce que vous voyez en premier n'est pas votre site : c'est votre fiche Google d'établissement, ce bloc à droite ou en haut avec l'adresse, les horaires et les avis.
Vérifiez trois choses. Les horaires d'abord : ceux de l'été traînent souvent jusqu'en novembre, et un client qui trouve porte close ne revient pas. Les photos ensuite : si les dernières datent de trois ans, ajoutez-en cinq, prises au téléphone, en lumière du jour. Les avis enfin. Répondez à tous ceux de l'été, y compris les mauvais, en deux lignes sobres. Un avis négatif auquel vous répondez calmement rassure davantage qu'une page d'éloges sans réponse.
Cette fiche est gratuite et vous pouvez la gérer vous-même. Si vous préférez la faire remettre à plat une bonne fois — catégories, zone d'intervention, prestations, photos, questions-réponses — comptez 199 € pour une prise en charge complète.
2. Ouvrez votre site sur votre propre téléphone (15 minutes)
Pas sur votre ordinateur de bureau relié à la fibre : sur votre téléphone, en 4G, dehors. La majorité de vos visiteurs vous découvrent comme ça. Chronométrez le temps d'affichage. Au-delà de trois ou quatre secondes d'écran blanc, une partie des visiteurs est déjà repartie.
Puis passez ce test, dans l'ordre :
- Votre numéro de téléphone est-il cliquable, sans zoomer, dès le premier écran ?
- Vos tarifs ou votre gamme de prix sont-ils indiqués quelque part ? Un site qui n'annonce rien fait fuir les gens qui n'ont pas envie de demander.
- Vos prestations correspondent-elles à ce que vous vendez vraiment aujourd'hui, pas à ce que vous vendiez il y a deux ans ?
- Le bandeau des cookies se referme-t-il correctement, ou masque-t-il la moitié de l'écran sur mobile ?
- Trouve-t-on votre zone d'intervention, votre adresse et vos horaires en moins de dix secondes ?
Notez ce qui coince. Ce sont presque toujours des corrections d'une heure ou deux, pas une refonte.
3. Envoyez-vous un message par votre propre formulaire (10 minutes)
C'est le test que personne ne fait, et c'est celui qui révèle le plus de dégâts. Remplissez votre formulaire de contact comme le ferait un inconnu, avec une adresse personnelle, et attendez.
Trois questions : le message arrive-t-il ? Arrive-t-il dans la boîte que vous relevez vraiment, ou dans une adresse créée par un ancien prestataire ? Tombe-t-il dans les indésirables ? Il n'est pas rare qu'un formulaire envoie dans le vide depuis des mois — un changement d'hébergeur, une adresse mail supprimée, et plus personne ne s'en aperçoit puisque, par définition, vous ne recevez rien.
Profitez-en pour chronométrer votre propre délai de réponse sur les demandes de la semaine. Sur les métiers de service, répondre en moins de deux heures pendant les heures ouvrées change plus de choses que n'importe quelle refonte graphique.
4. Regardez trois chiffres, pas trente (20 minutes)
Ouvrez votre outil de mesure d'audience et ne regardez que trois chiffres, sur les douze derniers mois :
- Le nombre de visiteurs par mois et sa tendance. La saisonnalité compte : comparez septembre à septembre, pas septembre à juillet.
- D'où ils viennent : recherche Google, réseaux sociaux, liens directs, publicité. Si tout dépend d'une seule source, vous êtes fragile.
- Les cinq pages les plus vues. Souvent, ce ne sont pas celles que vous croyez, et c'est là qu'il faut mettre un bouton d'appel ou un formulaire.
Si vous n'avez aucun outil de mesure, c'est le premier chantier de la rentrée. Faites-en installer un configuré proprement, avec le consentement demandé aux visiteurs comme l'exige le RGPD. Sans mesure, toutes les décisions qui suivent seront prises à l'aveugle.
5. Faites le ménage dans ce qui est périmé (30 minutes)
Parcourez votre site page par page, avec un carnet, et notez tout ce qui n'est plus vrai : une promotion de l'an dernier, un collaborateur parti, un tarif obsolète, un PDF téléchargeable qui date, une actualité dont le dernier article remonte à deux ans. Ces détails ne se voient pas depuis l'intérieur ; ils se voient très bien depuis l'extérieur, et ils envoient un signal simple : cette entreprise ne s'occupe plus de sa vitrine.
Deux cas méritent une décision, pas une correction. Une page « actualités » vide depuis longtemps : soit vous vous engagez sur un rythme tenable — un article par mois vaut mieux que dix en janvier et rien ensuite — soit vous la retirez. Et une page de service que vous ne vendez plus : supprimez-la, mais faites mettre en place une redirection vers la page équivalente, sinon les visiteurs et Google tomberont sur une erreur.
6. Sécurité et sauvegardes : deux questions à poser (10 minutes)
Écrivez à la personne ou à l'entreprise qui gère votre site et posez deux questions précises. Première question : à quand remontent la dernière mise à jour du site et la dernière sauvegarde, et où sont stockées ces sauvegardes ? Deuxième question : quand a-t-on vérifié pour la dernière fois qu'une sauvegarde se restaure vraiment ? Une sauvegarde jamais testée n'est pas une sauvegarde.
Vérifiez aussi que le petit cadenas apparaît bien à gauche de votre adresse, et surveillez les échéances de votre nom de domaine : un domaine qui expire pendant vos congés, c'est le site et les mails à l'arrêt en même temps. Le détail des menaces réelles est dans notre article sur la sécurité de votre site web.
7. Posez le calendrier jusqu'au 31 décembre (30 minutes)
La fin d'année arrive plus vite qu'on ne croit. Sur un agenda, placez : vos congés et ceux de vos fournisseurs, vos dates limites de commande et de livraison, vos opérations commerciales. Si vous vendez en ligne, la période de forte demande de novembre se prépare dès octobre côté stock, côté transporteur et côté serveur — c'est le sujet de notre guide sur le Black Friday.
Prévoyez aussi vos communications de fin d'année : horaires des fêtes à publier sur le site et sur votre fiche Google, message aux clients, dates de fermeture. Dix minutes en septembre valent une soirée de rattrapage en décembre.
Ce qu'il ne faut pas faire en septembre
Ne lancez pas une refonte complète dans l'urgence. Sur un site de PME, il faut généralement compter plusieurs semaines entre le premier échange et la mise en ligne, sans compter vos propres délais de validation et de relecture des textes. Une refonte décidée en septembre finit rarement avant décembre, c'est-à-dire en plein pic d'activité. Si votre site a réellement besoin d'être refait — et parfois c'est le cas, à partir de 1 500 € pour un site vitrine — cadrez-le maintenant, lancez-le en janvier, et lisez d'abord notre guide de la refonte. En attendant, corrigez les points bloquants : vitesse, mobile, formulaire, tarifs.
Ne changez pas non plus vos adresses de pages sans redirections, et ne supprimez pas un contenu qui vous amène des visiteurs sous prétexte qu'il est ancien. L'ancienneté est un atout en référencement, pas un défaut.
La check-list en une page
| À faire | Temps | Qui |
|---|---|---|
| Fiche Google : horaires, photos, avis | 20 min | Vous |
| Site testé sur téléphone en 4G | 15 min | Vous |
| Formulaire de contact testé de bout en bout | 10 min | Vous |
| Trois chiffres d'audience relevés | 20 min | Vous ou prestataire |
| Contenus périmés listés et corrigés | 30 min | Vous |
| Mises à jour, sauvegardes, nom de domaine | 10 min | Prestataire |
| Calendrier de fin d'année posé | 30 min | Vous |
Et si le bilan est mauvais ?
Il arrive que ce tour d'horizon donne un résultat décourageant : peu de visiteurs, formulaire cassé, site lent, fiche Google incomplète. Ce n'est pas une raison pour tout refaire d'un coup. Classez les problèmes en deux colonnes : ceux qui vous font perdre des clients aujourd'hui — un formulaire qui n'arrive pas, un numéro introuvable, une fiche fausse — et ceux qui relèvent d'un projet. Traitez la première colonne cette semaine. Pour la seconde, un état des lieux extérieur peut aider à trancher : un bilan de visibilité complet, avec la liste des corrections classées par priorité, coûte 499 € et vous appartient, que vous fassiez les travaux avec nous ou non.
Prenez une demi-journée cette semaine, un café, et déroulez la liste dans l'ordre. Vous corrigerez sans doute deux ou trois choses par vous-même dans la foulée, et il restera un ou deux points qui demandent une main technique. Si vous voulez qu'on regarde ces points-là avec vous, écrivez-nous en décrivant ce que vous avez trouvé : c'est beaucoup plus efficace qu'une demande générale, et vous saurez rapidement si cela justifie un budget ou non.