« Combien coûte un site internet ? » C'est la première question que l'on nous pose, et c'est celle à laquelle presque personne ne répond franchement. Vous demandez trois devis, vous recevez 900 €, 4 200 € et 11 000 € pour ce qui ressemble au même projet. Ce n'est pas de la mauvaise foi : le mot « site » recouvre des objets qui n'ont rien à voir entre eux. Voici les fourchettes réellement pratiquées en France en 2026, ce qui les explique, et comment lire un devis en dix minutes sans être du métier.
Pourquoi le prix varie autant
Un site ressemble à un local professionnel. Trente mètres carrés en zone artisanale et une boutique en centre-ville portent le même nom et n'ont pas le même prix, parce qu'ils ne servent pas à la même chose. Personne ne s'en étonne pour un local ; pour un site, on s'en étonne encore. Trois facteurs expliquent l'essentiel de l'écart entre deux devis :
- Le nombre de fonctions. Cinq pages de présentation avec un formulaire de contact, ce n'est pas un catalogue de six cents produits avec paiement en ligne, gestion des stocks et compte client.
- La part de sur-mesure. Partir d'un modèle existant et l'adapter à vos couleurs coûte deux à quatre fois moins cher que dessiner chaque écran à partir de zéro.
- Le temps passé à réfléchir avant de produire. C'est le poste invisible sur un devis, et c'est pourtant celui qui décide si votre site vous amène des clients ou reste une brochure en ligne que personne ne lit.
Ce que vous payez réellement
Un devis de site se décompose presque toujours en six postes. Si le vôtre n'en affiche qu'un seul — « création de site : 4 000 € » — il vous empêche de comparer quoi que ce soit. Demandez le détail, c'est légitime.
- Le cadrage. À qui parle le site, ce qu'un visiteur doit faire en arrivant dessus, quelles pages existent. Une demi-journée à deux jours selon le projet.
- Le design. Les maquettes de chaque type de page, sur ordinateur et sur téléphone. C'est souvent le poste le plus élastique.
- Le développement. Transformer les maquettes en pages réelles qui s'affichent vite, sur tous les écrans, et que vous pourrez modifier vous-même.
- Le contenu. Textes, photos, descriptions de vos prestations. Beaucoup de devis l'excluent sans le dire clairement. C'est la première cause de projet qui traîne six mois.
- La mise en ligne technique. Nom de domaine, hébergement, certificat de sécurité (le cadenas dans la barre d'adresse), mesure d'audience, acheminement des formulaires vers votre boîte mail, mentions légales et bandeau cookies.
- La formation. Une à deux heures pour que vous sachiez ajouter une actualité ou changer un horaire sans rappeler personne.
Les fourchettes réelles en 2026
Voici les ordres de grandeur que nous constatons sur le marché français, pour une entreprise de moins de cinquante salariés. Ce sont des fourchettes d'expérience, pas des tarifs officiels : un prestataire sérieux peut se situer un peu en dehors et avoir de très bonnes raisons.
| Type de projet | Fourchette courante | Ce que cela recouvre |
|---|---|---|
| Site vitrine simple | 1 500 € à 3 500 € | Trois à six pages, formulaire de contact, adapté au mobile, votre entreprise trouvable sur Google par son nom. |
| Site vitrine complet | 3 500 € à 9 000 € | Dix à vingt pages, blog, prise de rendez-vous en ligne, design entièrement sur mesure, travail de référencement au départ. |
| Boutique en ligne | 2 500 € à 10 000 € | Catalogue, panier, paiement par carte, livraison, factures. Le haut de la fourchette correspond à un gros catalogue ou à des règles de prix particulières. |
| Boutique connectée à vos outils | 10 000 € à 25 000 € | Stocks synchronisés avec votre caisse, comptabilité alimentée automatiquement, plusieurs points de vente. |
| Outil métier ou espace client sur mesure | 2 000 € à 50 000 € | Un module simple d'un côté, une plateforme dont dépend toute votre exploitation de l'autre. C'est la catégorie où l'écart est le plus grand. |
| Application mobile | 3 900 € à 40 000 € | Une application publiée sur les magasins d'applications, avec comptes utilisateurs et notifications. |
Pour situer nos propres seuils d'entrée : 1 500 € pour un site vitrine, 2 500 € pour une boutique en ligne, 2 000 € pour un logiciel de gestion sur mesure, 3 900 € pour une application mobile. Le détail poste par poste est sur le catalogue.
Et en dessous de 1 000 € ?
Cela existe, et ce n'est pas forcément une arnaque. Les constructeurs de sites en ligne, où vous assemblez vous-même vos pages à partir de modèles, vous coûteront quelques dizaines d'euros par mois et un ou deux week-ends de votre temps. Pour un artisan qui veut simplement exister en ligne, c'est une option honnête. Ses limites arrivent vite : vous restez locataire de la plateforme, le site est difficile à faire évoluer, et votre samedi n'est pas gratuit.
Les coûts qui reviennent chaque année
Un site n'est pas un achat unique. Les frais récurrents sont modestes, mais il faut les connaître avant de signer, pas six mois après.
- Nom de domaine : une dizaine d'euros par an pour un .fr ou un .com. Exigez qu'il soit déposé à votre nom, pas à celui du prestataire.
- Hébergement : de quelques euros par mois pour un site vitrine à plusieurs dizaines pour une boutique qui reçoit du trafic.
- Maintenance : mises à jour de sécurité, sauvegardes, corrections. Sur un site vitrine, une intervention par trimestre suffit souvent. Sur une boutique, c'est un suivi continu.
- Contenu : un site qui ne bouge jamais perd lentement sa place dans Google. Chez nous, un article optimisé coûte 80 € à l'unité, ou 290 €/mois pour dix.
Si vous préférez un montant fixe qui couvre l'entretien et la visibilité, nos formules mensuelles vont de 199 €/mois pour le suivi de base à 999 €/mois pour un accompagnement complet. Prenez-les seulement si vous avez quelque chose à y mettre : un forfait mensuel qui tourne à vide est de l'argent perdu.
Ce qui fait grimper la facture
- Le contenu absent. Pas de textes, pas de photos exploitables : soit le projet s'arrête, soit le prestataire les produit et cela se facture.
- La connexion à un logiciel existant. Relier le site à votre outil de gestion, votre caisse ou votre logiciel de rendez-vous demande du travail d'intégration, parfois plus que le site lui-même.
- Le multilingue. Chaque langue ajoute de la traduction, des pages et de la maintenance.
- Les allers-retours. Trois personnes qui donnent trois avis contradictoires sur les maquettes coûtent des jours. Désignez un décideur unique.
- Les fonctions « au cas où ». Un espace membre demandé « pour plus tard » se paie tout de suite et ne sert jamais.
Ce qui, souvent, ne vaut pas le coup
Nous refusons régulièrement des projets, et voici les cas les plus fréquents.
Refaire un site qui fonctionne parce qu'il vous ennuie. Si le vôtre s'affiche correctement sur téléphone, se charge vite et vous amène des demandes, le refaire pour des raisons esthétiques est un mauvais investissement. Le sujet mérite d'être posé à froid : nous l'avons détaillé dans notre guide de la refonte.
Un site à 8 000 € quand personne ne vous cherche encore. Si votre nom ne génère aucune recherche, un beau site ne changera rien tout seul. Commencez plus petit : une fiche Google d'établissement à 199 € et un bilan de visibilité à 499 € vous diront ce que les gens tapent réellement. Notre guide du référencement pour les PME explique la démarche.
Une application mobile alors qu'un site adapté au mobile suffit. Une application n'a de sens que si vos clients reviennent souvent. Pour une visite tous les six mois, personne ne l'installera.
Comment lire un devis en dix minutes
Vous n'avez pas besoin d'être technique. Posez ces questions, et comparez les réponses plutôt que les montants.
- Le nom de domaine et l'hébergement sont-ils à mon nom ?
- Si nous nous séparons, qu'est-ce que je récupère exactement, et sous quel délai ?
- Les textes et les photos sont-ils inclus, ou dois-je les fournir ?
- Combien d'allers-retours sont prévus sur le design, et que se passe-t-il au-delà ?
- Quel est le délai, et qu'est-ce qui le fait déraper de mon côté ?
- Que couvre la garantie après la mise en ligne, et pendant combien de temps ?
- Combien coûte la maintenance ensuite, et est-elle obligatoire ?
- Les mentions légales, le bandeau cookies et la conformité RGPD sont-ils prévus ?
- Pourrai-je modifier moi-même un horaire ou un tarif, sans vous appeler ?
Un devis moins cher qui répond mal aux questions 1, 2 et 7 finira plus cher : on économise 1 200 € à la signature, puis on paie deux fois plus pour récupérer ses accès trois ans après.
Un budget réaliste selon votre situation
Artisan ou commerçant local. Votre priorité n'est pas le site, c'est d'apparaître dans le plan quand quelqu'un cherche votre métier dans votre ville. Fiche d'établissement, puis un site vitrine entre 1 500 € et 3 000 €.
Commerçant qui veut vendre en ligne. Entre 2 500 € et 6 000 € pour démarrer avec un catalogue raisonnable, plus le temps de saisir vos produits — c'est souvent le vrai goulot d'étranglement.
PME de services avec des processus internes. Le site vitrine est secondaire. Ce qui vous fera gagner du temps, c'est l'outil qui remplace vos tableurs et vos relances manuelles : à partir de 2 000 €, et cela se rentabilise en heures économisées, pas en visites.
Par où commencer
Avant de demander des devis, écrivez une seule page : ce que fait votre entreprise, à qui elle s'adresse, et ce qu'un visiteur doit faire en arrivant sur le site (appeler, réserver, acheter, demander un devis). Cette page vaut plus qu'un cahier des charges de trente pages, et elle vous permettra de comparer des propositions vraiment comparables.
Ensuite, faites chiffrer. Notre simulateur de devis donne une fourchette en trois minutes, sans appel commercial derrière. Si le montant vous surprend dans un sens ou dans l'autre, c'est déjà une information utile.